Voyage théologique sur les traces de Dietrich Bonhoeffer

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Bonhoeffer2013_0843_modifié-1Flossenbürg (Bavière), Buchenwald (Thuringe), Szcecin/Finkenwalde (Pologne), Berlin …

traces de l’horreur des camps de concentration, Bonhoeffer-Haus à Szcecin, Bonhoffer-Haus à Berlin, « Un christianisme a-religieux ? », Zionskirche, « Topographie des Terrors », « ‘Éthique de la paix », « Théologie de la résistance », « Éthique de conviction – Éthique en situation » …

avec Frédéric Rognon, Wolf Krötke, Pascal Bataringaya, Wolfgang Huber …

Table des matières systématique

 

Sur les traces théologiques de Dietrich Bonhoeffer – Le voyage (programme 2013)

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photo Virgile Rochat

Lundi 19 août 2013 Arrivée et nuit au Centre St. Thomas, Strasbourg

Mardi 20 Voyage Strasbourg – Flossenbürg. Visite du camp de Flossenbürg, Nuit à Flossenbürg

Mercredi 21 Voyage Flossenbürg – Buchenwald, Visite du camp de Buchenwald, Voyage Buchenwald – Szczecin, Nuit à Szczecin

Jeudi 22 Visite de Finkenwalde, Ap-midi : Rencontre Bonhoeffer-Haus Szczecin, Nuit à Szczecin

Vendredi 23 Voyage Szczecin – Berlin, Installation à la Berliner Stadtmission Ap-midi : Visite Bonhoeffer-Haus Berlin

Samedi 24 Matin : Intervention Prof W. Kroetke « Un christianisme a-religieux ? » Ap-midi : Visite et rencontre Zionskirche

Dimanche 25 Culte à l’Eglise française ; Ap-midi : Visite mémorial « Topographie des Terrors ; Soir : Intervention P. Bataringaya « Éthique de la paix »

Lundi 26 Matinée libre, possibilité de visiter le quartier de jeunesse de Bonhoeffer Ap-midi : Intervention Prof W. Huber « Profil théologique de la résistance politique de Bonhoeffer » Soirée : film

Mardi 27 Matin : Intervention Prof F. Rognon « Éthique de conviction / Éthique en situation » ; Ap-midi : visites libres (Plötzensee, Mémorial de la Shoah, Carmel Regina Martyrium, Stasi-Museum, Mémorial du mur, etc)

Mercredi 28 Voyage Berlin-Strasbourg, nuit au Centre St Thomas

Jeudi 29 Bilan thématique et Evaluation

Devant Dieu et avec Dieu, nous vivons sans Dieu

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Or nous ne pouvons être honnêtes sans reconnaître qu’il nous faut vivre dans le monde – etsi deus non daretur (comme si Dieu n’existait pas, AK). Et voilà justement ce que nous reconnaissons – devant Dieu, qui lui-même nous oblige à l’admettre. En devenant majeurs, nous sommes amenés à reconnaître réellement notre situation devant Dieu. Dieu nous fait savoir qu’il nous faut vivre en tant qu’hommes qui parviennent à vivre sans Dieu. Le Dieu qui est avec nous est celui qui nous abandonne (Marc 15,34) ! Le Dieu qui nous laisse vivre dans le monde, sans l’hypothèse de travail Dieu, est celui devant qui nous nous tenons constamment. Devant Dieu et avec Dieu, nous vivons sans Dieu. Dieu se laisse déloger du monde et clouer sur la croix. Dieu est impuissant et faible dans le monde, et ainsi seulement il est avec nous et nous aide. Matthieu 8,17 indique clairement que le Christ ne nous aide pas par sa toute-puissance, mais par sa faiblesse et ses souffrances. »

Dietrich Bonhoeffer, 16 juillet 1944 (à la prison militaire de Tegel, à Berlin ; dans une lettre adressée à son ami Eberhard Bethge ; Lettres et écrits rassemblés par celui-ci dans l’ouvrage Résistance et soumission)

Le christianisme est de ce monde

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Pendant ces dernières années, j’ai pris conscience, j’ai compris toujours davantage, à quel point le christianisme est de ce monde. Le chrétien n’est pas un homo religiosus, mais un homme tout court, comme Jésus était un homme par opposition à Jean-Baptiste. Le chrétien est terrestre, non pas de manière plate et banale, comme les gens éclairés, actifs, nonchalants ou lascifs, mais il est discipliné, et la connaissance de la mort et de la résurrection est toujours présente en lui. …

Je me rappelle une discussion que j’ai eue … avec un jeune pasteur français, il y a treize ans. Nous nous étions posé tout simplement cette question : que voulons-nous faire de notre vie ? Il me dit : « J’aimerais être un saint. » … Cela m’impressionna beaucoup alors. Pourtant je répliquai à peu près : « Moi, j’aimerais apprendre à croire. »

… c’est en vivant pleinement la vie terrestre qu’on parvient à croire. Quand on a renoncé complètement à devenir quelqu’un – un saint, ou un pécheur converti, ou un homme d’Eglise (ce qu’on appelle une figure de prêtre), un juste ou un injuste, un malade ou un bien-portant – afin de vivre dans la multitude des tâches, des questions, des succès et des insuccès, des expériences et des perplexités – et c’est cela que j’appelle vivre dans le monde – alors on se met pleinement entre les mains de Dieu, on prend au sérieux non ses propres souffrances, mais celles de Dieu dans le monde, on veille avec le Christ Gethsémané ; telle est, je pense, la foi, la metanoia ; c’est ainsi qu’on devient un homme, un chrétien …

Dietrich Bonhoeffer, 21 juillet 1944 (à la prison militaire de Tegel, à Berlin ; dans une lettre adressée à son ami Eberhard Bethge ; Lettres et écrits rassemblés par celui-ci dans l’ouvrage Résistance et soumission)

Lettre diachronique de nous, pasteurs en 2013, à Dietrich Bonhoeffer, prisonnier à Buchenwald en 1945

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Cher Dietrich,

Vraiment, tu nous as laissés dans de beaux draps, tant ton héritage spirituel et éthique est exigeant pour tous les temps ! Ce que tu décris, ce que tu endures, ce qui te désespère, ce qui te fait tant souffrir, et ce qui te menace de mort, cela n’a pas disparu, tu sais !

Sache qu’au fascisme criminel que tu connais, une autre forme de fanatisme a suivi. Un mur de la honte en béton symbolisait durant de longues décennies une nouvelle fracture infligée aux peuples d’Europe centrale et orientale. Il est vrai que nous connaissons aujourd’hui une certaine paix relative en Europe, après la terreur absolue que tu côtoies quotidiennement dans ta chair et dans ton être même.

Mais d’autres murs subsistent encore dans le monde, composés de violence, d’aveuglement, d’idéologies trompeuses et fanatiques, d’égocentrisme individuel et collectif. Tout cela ravage et mutile aujourd’hui encore notre humanité.

Nous te sommes d’autant plus reconnaissants pour cette position si difficile, si courageuse de l’ »entre deux » que tu incarnes pour nous. Dans l’enfer totalitaire, tu représentes un bout de ciel possible, dans la pesanteur du monde tu rends la grâce de Dieu quasiment palpable ! Nous savons à quel point la prière personnelle t’aide à garder le cap au milieu des aboiements des haut-parleurs.

Nous sommes encore nourris par tes paroles, ton affirmation de l’obéissance au Christ seul, obéissance qui interagit avec la foi, la place centrale que tu donnes à la prière comme lieu de révélation de notre mission comme communauté, comme réconciliation avec la sœur, le frère,

la fraternité chrétienne à recevoir comme déjà établie par Dieu.

Ta défaite n’est qu’apparente !

Merci infiniment d’être ce « théophore » dans un monde intenable. Merci pour ce que tu es. Nous savons que la reconnaissance la plus profonde que nous pouvons t’apporter, est de nous imprégner de ton expérience pour nous placer toujours à nouveau, en paroles et en actes, en points d’interrogation ou en grains de sables, selon la situation, entre les mécanismes qui nous déshumanisent encore aujourd’hui.

Tu es et tu restes pour nous une bénédiction comme tu l’es pour tes co-détenus, un compagnon sur la route, un pasteur rassurant ses brebis au milieu des loups, une lumière dans la nuit, sel de la terre, bref, un puissant témoin de l’Evangile !

„Christianisme sans religion“ ? – Wolf Krötke (traduction)

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Traduction du texte du Prof. Wolf Krötke „Religionsloses Christentum“?

De l’actualité des questions posées par Dietrich Bonhoeffer à parti de son « interprétation a-religieuse de concepts bibliques »

  1. Comment Dietrich Bonhoeffer analyse la situation
  2. Le point de départ théologique de Dietrich Bonhoeffer.
  3. La réalité et les motivations de l’a-religiosité
  4. La majorité du monde et l’ « Eglise pour les autres »
  5. Des impulsions de Bonhoeffer pour la vie de la communauté chrétienne immergée dans un monde d’„hommes a-religieux“.

„Nous nous acheminons vers une époque absolument a-religieuse ; les hommes, tels qu’ils sont devenus, ne peuvent tout simplement plus être religieux » – “ (DBW1 8, 403).

Plus clairement encore: « Il apparait que tout marche aussi sans ‘Dieu’, et en fait tout aussi bien qu’auparavant. Autant dans le domaine des sciences que dans celui de la dimension humaine globale, ‘Dieu’ est de plus en plus refoulé de la vie, il perd du terrain » “ (DBW 8, 477).

On peut lire ces phrases au début des réflexions de Dietrich Bonhoeffer sur „l’interprétation non-religieuses de concepts bibliques“ ainsi que celles portant sur « un christianismes a-religieux » dans ses lettres de prison que Eberhard Bethge a publiées avec le titre « Résistance et soumission » (Widerstand und Ergebung.)

Durant ces dernières décennies ces phrases controversées ont été longuement et chaudement débattues. Y sont décrite durant l’année 1944 la situation dans laquelle, selon l’avis de Bonhoeffer, se trouvait l’Eglise et dans laquelle elle se retrouvera désormais. « Être religieux », d’après lui, n’est plus, pour la plupart des hommes au 20 ème siècle, une option pour maîtriser leurs problèmes vitaux. …

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„Religionsloses Christentum“ ? – Wolf Krötke

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Zur Aktualität von Dietrich Bonhoeffers Fragen nach einer „religionslosen Interpretation biblischer Begriffe“

  1. Dietrich Bonhoeffers Situationsanalyse
  2. Dietrich Bonhoeffers theologischer Ausgangspunkt
  3. Die Realität und das Motiv der Religionslosigkeit
  4. Die Mündigkeit der Welt und die „Kirche für andere“
  5. Impulse Bonhoeffers für das Leben der Gemeinde inmitten „religionsloser Menschen“

 „Wir gehen einer völlig religionslosen Zeit entgegen; die Menschen können einfach, so wie sie nun einmal sind, nicht mehr religiös sein“ (DBW1 8, 403). Mehr noch: „Es zeigt sich, dass alles auch ohne ‘Gott’ geht und zwar ebenso gut wie vorher. Ebenso wie auf wissenschaftlichem Gebiet wird im allgemeinen menschlichen Bereich ‘Gott’ immer weiter aus dem Leben zurückgedrängt, er verliert an Boden“ (DBW 8, 477).

Diese Sätze stehen am Anfang von Dietrich Bonhoeffers Überlegungen zur „nichtreligiösen Interpretation biblischer Begriffe“ oder auch zu einem „religionslosen Christentum“ in seinen Briefen aus dem Gefängnis, die Eberhard Bethge unter dem Titel „Widerstand und Ergebung“ veröffentlicht hat. Es sind in den letzten Jahrzehnten lang und heiß diskutierte, umstrittene Sätze gewesen. Sie beschreiben im Jahre 1944 die Situation, in der sich die Kirche nach Bonhoeffers Meinung befunden hat und sich auch weiterhin befinden wird. „Religiös sein“, so meinte er, ist für die meisten Menschen im 20. Jahrhundert keine Option mehr, mit der sie die Probleme ihres Lebens bewältigen. …

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