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Or nous ne pouvons être honnêtes sans reconnaître qu’il nous faut vivre dans le monde – etsi deus non daretur (comme si Dieu n’existait pas, AK). Et voilà justement ce que nous reconnaissons – devant Dieu, qui lui-même nous oblige à l’admettre. En devenant majeurs, nous sommes amenés à reconnaître réellement notre situation devant Dieu. Dieu nous fait savoir qu’il nous faut vivre en tant qu’hommes qui parviennent à vivre sans Dieu. Le Dieu qui est avec nous est celui qui nous abandonne (Marc 15,34) ! Le Dieu qui nous laisse vivre dans le monde, sans l’hypothèse de travail Dieu, est celui devant qui nous nous tenons constamment. Devant Dieu et avec Dieu, nous vivons sans Dieu. Dieu se laisse déloger du monde et clouer sur la croix. Dieu est impuissant et faible dans le monde, et ainsi seulement il est avec nous et nous aide. Matthieu 8,17 indique clairement que le Christ ne nous aide pas par sa toute-puissance, mais par sa faiblesse et ses souffrances. »

Dietrich Bonhoeffer, 16 juillet 1944 (à la prison militaire de Tegel, à Berlin ; dans une lettre adressée à son ami Eberhard Bethge ; Lettres et écrits rassemblés par celui-ci dans l’ouvrage Résistance et soumission)

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