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Cher Dietrich,

Vraiment, tu nous as laissés dans de beaux draps, tant ton héritage spirituel et éthique est exigeant pour tous les temps ! Ce que tu décris, ce que tu endures, ce qui te désespère, ce qui te fait tant souffrir, et ce qui te menace de mort, cela n’a pas disparu, tu sais !

Sache qu’au fascisme criminel que tu connais, une autre forme de fanatisme a suivi. Un mur de la honte en béton symbolisait durant de longues décennies une nouvelle fracture infligée aux peuples d’Europe centrale et orientale. Il est vrai que nous connaissons aujourd’hui une certaine paix relative en Europe, après la terreur absolue que tu côtoies quotidiennement dans ta chair et dans ton être même.

Mais d’autres murs subsistent encore dans le monde, composés de violence, d’aveuglement, d’idéologies trompeuses et fanatiques, d’égocentrisme individuel et collectif. Tout cela ravage et mutile aujourd’hui encore notre humanité.

Nous te sommes d’autant plus reconnaissants pour cette position si difficile, si courageuse de l’ »entre deux » que tu incarnes pour nous. Dans l’enfer totalitaire, tu représentes un bout de ciel possible, dans la pesanteur du monde tu rends la grâce de Dieu quasiment palpable ! Nous savons à quel point la prière personnelle t’aide à garder le cap au milieu des aboiements des haut-parleurs.

Nous sommes encore nourris par tes paroles, ton affirmation de l’obéissance au Christ seul, obéissance qui interagit avec la foi, la place centrale que tu donnes à la prière comme lieu de révélation de notre mission comme communauté, comme réconciliation avec la sœur, le frère,

la fraternité chrétienne à recevoir comme déjà établie par Dieu.

Ta défaite n’est qu’apparente !

Merci infiniment d’être ce « théophore » dans un monde intenable. Merci pour ce que tu es. Nous savons que la reconnaissance la plus profonde que nous pouvons t’apporter, est de nous imprégner de ton expérience pour nous placer toujours à nouveau, en paroles et en actes, en points d’interrogation ou en grains de sables, selon la situation, entre les mécanismes qui nous déshumanisent encore aujourd’hui.

Tu es et tu restes pour nous une bénédiction comme tu l’es pour tes co-détenus, un compagnon sur la route, un pasteur rassurant ses brebis au milieu des loups, une lumière dans la nuit, sel de la terre, bref, un puissant témoin de l’Evangile !

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